| Le GN, média onirique |
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J'avais envie de réagir à l'article intitulé « Pour quoi, pour qui et comment théoriser le La théorie du GN. Vraiment je suis aguiché, cependant en parcourant les lignes je me suis vite ennuyé car au final, effectivement, cet article ne fait que théoriser la théorie, destinée elle-même à se théoriser. Ce qui me préoccupe personnellement lorsque j'en viens à théoriser sur le GN et son éventuelle ouverture au « tout » public au travers d'une popularisation, d'une simplification d'accès, d'une vulgarisation, d'une ouverture, c'est sa dimension de « loisir ». Le GN, dans sa pratique régulière ou amateur, reste un « jeu de rôle », même si on peut lui trouver plein d'anfractuosités avec le « jeu de rôle » à son origine, comme la plus grande immersion matérielle et physique. Théoriser le GN revient initialement à vouloir le développer et l'approfondir, ce qui est une démarche honorable et que je soutiens, mais je doute qu'il attendra une dimension théorique et esthétique à la manière du cinéma avant de nombreuses années. Vouloir donner au GN une dimension d'art ou de manière, je trouve cela très noble et je serai heureux de pouvoir participer à cette aventure à ma manière, cependant il faut bien garder à l'esprit que le GN est un « loisir », une « vacance ». Pour penser le GN, il faut le considérer comme un jeu de rôle, sans négliger son impact événementiel « grandeur nature » de « loisir », qui fait sa particularité. Je trouve également que cet article pourrait réellement entamer le sujet et faire le lien avec les jeux de rôles médiévaux ou fantastiques, qui constituent une catégorie non-négligeable de la dimension du GN ou alors entamer carrément la dimension de « normalisation » des standards de jeu. Lorsque l'on souhaite théoriser sur quelque chose on appuie ses dires sur des exemples. Cet article est peu sourcé, en effet ses dires sont très théoriques. Mais il faut garder à l'esprit que le GN est encore jeune et tire ses ressources chez les pratiquants, les passionnés. Ce qui implique que l'investissement est toujours volontaire, individuel et pris sur les loisirs. Je ne connais pas d'exemple de professionnels du GN qui soient salariés dans une entreprise de développement ludique. On peut tomber dans la psychologie d'entreprise, ou le divertissement, ou le soin psychologique, mais lorsqu'on s'attache à ce genre de considération théorique sur l'avenir commercial du GN, on a du mal à croire qu'un jour des jeux feront « salle comble » à la demande du public en dehors d'un gros laser game ou d'un paintball. Le « roleplay » qu'implique le GN se destine tout de même à une certaine catégorie d'individus. Même en dehors du roleplay, pour aller passer un weekend prolongé à dormir dans des peaux de mouton sous une tente et parfois patauger dans la gadoue pour poursuivre un objectif de jeu abscons pour le seul plaisir de la victoire, il faut être joueur passionné ou aimer être en communauté dans la nature. On ne peut pas théoriser de GN sans considérer sa dimension onirique. En ce sens, le GN est fortement orienté vers la psychologie. Il est un pont entre notre réalité quotidienne et notre besoin d'évasion. Il est le miroir de nos pulsions, de nos espoirs, de nos attentes. Il nous permet d'être un jour un noble volage, un autre un sorcier pétillant, un autre un guerrier bougon. Le GN nous permet d'exprimer à notre manière notre art du langage, de l'improvisation, du métamorphisme. Le GN est le prétexte, l'outil, le « média interactif » qui nous permet d'atteindre nos rêves. Bref le GN est le véhicule de nos désirs, destiné à ouvrir et partager nos rêves, nos compétences et notre vie avec d'autres personnes dans un même cadre. On pourrait comparer le GN à un sport, plutôt qu'à un loisir. Le sport devenant celui d'amuser ou d'être amusé avec le plus grand nombre, dans un cadre naturel ou onirique. Je suis fortement convaincu du bon avenir du GN.
Je constate l'engouement qui a pris et prend chez les gens, et de quelle manière cela se produit. André Bazin disait: « le cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs ». J'ai envie de dire: « le GN soustrait à notre regard un monde qui ne s'accorde pas à nos désirs » car finalement, le GN est un moyen comme un autre de rêver un peu, en s'immergeant dans un monde qui s'accorde à nos désirs, pour un temps, dans un espace physique et virtuel donné. |
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